Journée de l'écrivain en prison 2018: Dawit Isaak

November 15, 2018

 

 

   Dawit Isaak, journaliste et écrivain suédo-érythréen primé, est détenu sans aucun contact avec l’extérieur en Érythrée depuis plus de 17 ans. Son cas est emblématique de la terrible situation à laquelle sont confrontés les journalistes indépendants dans le pays, dont beaucoup ont fait l'objet d'arrestations arbitraires systématiques, de menaces, de harcèlement et de disparitions forcées au fil des ans.

 

Isaak était l’un des journalistes arrêtés lors de la répression en septembre 2001, par le gouvernement, des voix indépendantes dans la presse et la politique. On sait très peu de choses sur sa situation actuelle. Bien que le ministre des Affaires étrangères de l’Érythrée ait affirmé dans un entretien en 2016 que tous les journalistes et hommes politiques arrêtés en 2001 étaient toujours en vie - y compris Isaak - aucune preuve n’a encore été fournie. De même, peu d’informations sont disponibles concernant les accusations portées contre ces prisonniers ; le ministre des Affaires étrangères a déclaré que les personnes arrêtées seraient jugées « lorsque le gouvernement le décidera ». Isaak a reçu le prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano en 2017.

 

Passez à l'action : partagez sur Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux en utilisant le hashtag #ImprisonedWriter

 

 

Envoyez des lettres d'appel aux autorités érythréennes :

  • protestant contre la détention de Dawit Isaak pour des motifs politiques et sans inculpation ni procès connus depuis 2001 ;

 

  • exhortant les autorités érythréennes à révéler immédiatement où se trouvent Dawit Isaak et d'autres journalistes détenus et à les libérer immédiatement sans condition ;

 

  • exprimant votre inquiétude pour la santé d’Isaak, car les détenus auraient été victimes de mauvais traitements, de tortures et d’un manque d’accès à des soins médicaux, comme en témoigne le décès de plusieurs journalistes.

 

  • reconnaissant les améliorations positives constatées dans les relations avec l'Éthiopie et appelant les autorités érythréennes à saisir cette occasion pour prendre des mesures urgentes et significatives en vue d'améliorer la situation de la liberté d'expression et des droits de l'Homme de ses citoyens, conformément à ses obligations internationales.

 

Envoyez les appels au :

Président

Son excellence,

Isaias Afewerki


Bureau du président


P.O. Box 257


Asmara


Érythrée


Fax :  + 2911 125123

 

Ministère de la Justice

Ministre de la Justice

Fawzia Hashim


P.O. Box 241


Asmara


Érythrée


Fax : + 291 1 126422

 

Ministère de l’information


Yemane Gebremeskel


P.O. Box 242


Asmara


Érythrée


+291 124 847


Twitter : @hawelti

 

Si possible, envoyez une copie des appels au représentant diplomatique de l'Érythrée dans votre pays. Vous trouverez des informations sur certaines ambassades d'Érythrée ici.

 

 

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Nous encourageons les membres de PEN à continuer de : 

 

  • publier des articles et vos opinions dans votre presse nationale ou locale mettant en lumière le cas de Dawit Isaak ;

 

  • partager des informations sur Dawit Isaak et vos activités de campagne via les réseaux sociaux ; utilisez le hashtag #ImprisonedWriter ;

 

  • organiser des évènements publics, des conférences de presse et des manifestations.

 

Réseaux sociaux : utilisez les hashtags #ImprisonedWriter et #freeDawitIsaak. Les membres de PEN sont encouragés à partager ces hashtags sur les réseaux sociaux.

 

Tweets suggérés :

Emplacement, charges et condition physique inconnus : où #l’Érythrée cache-t-elle Dawit Isaak ? #ImprisonedWriter

 

  • Dawit Isaak et d'autres journalistes sont toujours détenus sans contact avec l’extérieur en #Érythrée #freedawitisaak #ImprisonedWriter

 

  • La liberté d'expression n'est pas un crime, c'est un droit humain #Érythrée - Libérez tous les journalistes emprisonnés #ImprisonedWriter

 

  • Durant la journée #ImprisonedWriter, rejoignez PEN et prenez part aux agissements en faveur du journaliste et écrivain #DawitIsaak arrêté il y a 17 ans en #Érythrée

 

Tenez-nous informés de vos activités, y compris des réponses que vous recevez des autorités. C’est vraiment important car cela nous permet de surveiller l’impact de notre campagne sur le cas de Dawit Isaak.

 

Contexte

 

Répression de la dissidence

 

   L’Érythrée est l’un des pires geôliers d’écrivains et de voix dissidentes. Il a mérité l’honneur douteux du pays le plus censuré au monde en 2015. PEN International a connaissance du fait qu’au moins 17 journalistes sont actuellement détenus sans contact avec l’extérieur ou dans des circonstances équivalant à une disparition forcée. Certains d’entre eux seraient morts dans les conditions épouvantables des prisons érythréennes. Leur mort - qui n'a pas été officiellement confirmée - a été attribuée à des conditions difficiles et au manque de soins médicaux.

 

En septembre 2001, le gouvernement érythréen a lancé une campagne visant à faire taire ses détracteurs, arrêtant des politiciens de l'opposition, des étudiants et de nombreux journalistes. En mai 2001, 15 membres dissidents (connus sous le nom de G-15) du Front populaire pour la démocratie et la justice (l'actuel parti au pouvoir en Érythrée) ont publié une lettre ouverte dans laquelle ils dénonçaient l'abus de pouvoir du président et présentaient ses actes comme « illégaux et inconstitutionnels ». À la suite de la publication de la lettre, ainsi que d’interviews et d’articles s'y rapportant, tous les dissidents ont été arrêtés, dont 11 membres du G15, arrêtés à Asmara les 18 et 19 septembre 2001 et accusés de crimes contre la sécurité et la souveraineté nationale. Les journaux privés ont également été interdits. Au moins 10 journalistes (dont Isaak) ont été arrêtés en septembre 2001 et deux autres en octobre 2001. On ignore encore si des accusations ont été portées contre eux ou même si des procès ont eu lieu et peu d’informations officielles sur leur emplacement et leur bien-être sont disponibles.

 

Les autres journalistes ayant été arrêtés en septembre 2001 sont : Said Abdelkadir ; Yousif Mohammed Ali ; Amanuel Asrat ; Temesegen Ghebereyesus ; Matheos Habteab ; Dawit Habtemichael ; Medhanie Haile ; Fessaha « Joshua » Yohannes et Seyoum Tsehaye.

 

Les autorités auraient affirmé que les journalistes emprisonnés avaient été envoyés effectuer leur service national et que ces détentions étaient nécessaires pour le maintien de l'unité nationale ou dues au non-respect, par le journal, des licences de médias. Au cours de divers entretiens avec les médias au fil des années, le président Isaias Afewerki a qualifié les journalistes d' « espions » à la solde de la CIA. En juin 2016, le ministre des Affaires étrangères de l'Érythrée a qualifié les hommes arrêtés en 2001 de « prisonniers politiques ». Des commentateurs politiques ont suggéré que la répression dans les médias était une tentative pour éradiquer les critiques sur le traitement réservé par le gouvernement érythréen aux étudiants et aux dissidents politiques et pour éradiquer son conflit avec l'Éthiopie.

 

 


Dawit Isaak : journaliste, dramaturge, poète 

 

   Isaak (né en 1964) est un journaliste suédo-érythréen, dramaturge, poète, copropriétaire de ሰቲት (Setit) et l’un des cofondateurs du Théâtre Shewit Children’s Theatre. Il est détenu sans contact avec l’extérieur depuis septembre 2001. Auteur de l'ouvrage (en versets) ባና፤ ታሪኽ ፍቕሪ--ሙሴን ማናን (1988) (Bana : l'affaire de Mussie et de Mana), Isaak passa plusieurs années en Suède durant la guerre d’indépendance érythréenne (1961-1991) et le différend frontalier entre l’Érythrée et l’Éthiopie.

 

Il est rentré dans son pays d'origine après l'indépendance et s'est activement engagé dans diverses activités culturelles, littéraires et dans les médias. En plus de ses contributions ultérieures en tant que journaliste à Setit, on se souvient d’Isaak pour la nouvelle « እተን ሰላሳ ሽሕ » (Les trente mille) qui a été publiée en série à la radio nationale au tout début de l’indépendance. Isaak a été brièvement relâché pendant quelques jours en 2005, mais a été ramené dans un lieu tenu secret peu de temps après et nous n’avons eu aucune nouvelle de lui depuis.

 

Isaak souffrirait d'un problème de diabète nécessitant une surveillance médicale. En avril 2002, Isaak aurait été hospitalisé pour des blessures subies sous la torture. En janvier 2009, il aurait été transféré de sa prison à un hôpital de la force aérienne à Asmara à la suite d'une maladie grave, puis aurait été réincarcéré.

 

En plus du prix UNESCO qu'il a reçu pour « son courage, sa résistance et son engagement en faveur de la liberté d'expression », Isaak a également reçu le prix de la plume d'or de la liberté, le prix Kurt-Tucholsky et le prix Anna Politkovskaya, entre autres. Isaak est membre honoraire du centre américain PEN, de PEN Canada, de PEN Finlande, de PEN Suède et de PEN Érythrée en exil. De nombreux centres PEN ont milité en son nom.

 

Pour un compte rendu détaillé de la situation alarmante de la liberté d’expression et des autres droits de l’Homme en Érythrée, veuillez-vous reporter à la soumission conjointe 2018 de PEN International sur l’Érythrée à l’Examen périodique universel.

 

Pour plus de détails, contactez Cathal Sheerin, bureau de Londres PEN International :

PEN International,

Unit A, Koops Mill,

162-164 Abbey Street,

Londres SE1 2AN

Tél. : +44 (0) 20 7405 0338,

e-mail : cathal.sheerin@pen-international.org 

 

#ImprisonedWriter

 

 

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